Le Quotidien d'Oran
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Jeudi 07 décembre 06:26

El Kerma : quatre ans de prison pour des coups ayant entraîné la perte d'un œil

El Kerma : quatre ans de prison pour des coups ayant entraîné la perte d'un œil
Pour
s'être rendu coupable de coups et blessures volontaires ayant provoqué la
dégradation avancée de l'œil gauche de F. El Hadj Benaouda,
N.B. Brahim a été condamné à quatre ans de prison ferme et à verser à la
victime 150 millions de centimes de dommages et intérêts.

Les
faits de l'affaire qui a été jugée hier par le tribunal criminel près la cour
d'Oran remontent à la matinée du 19 juillet dernier quand F. El Hadj Benaouda s'est rendu au commissariat de police d'El Kerma
pour porter plainte contre N.B. Brahim, un voisin, l'accusant de l'avoir
agressé à coups de bâton. Présentant un œil gauche blessé, il est transféré à
la clinique Belazreg, boulevard front de mer, où il
sera gardé en soins intensifs pendant 11 jours. Il en sortira avec un œil très
amoindri, presque aveugle, et très peu d'espoir d'en récupérer l'usage un jour.

Interpellé
et interrogé au lendemain du dépôt de plainte, Brahim, 31 ans, reconnaît avoir
battu la victime à l'aide d'un bâton mais affirme qu'il se trouvait en légitime
défense : «Ce matin-là, Benaouda est venu me
provoquer devant chez moi parce ce que j'avais refusé de dealer de la drogue
avec lui», dira-t-il en substance en soulignant que la victime avait déjà été
tabassée la veille. Le suspect sera d'abord accusé de coups et blessures
volontaires, selon l'article 266 du code pénal, avant que le chef d'inculpation
ne soit requalifié en violences volontaires ayant entraîné un handicap
permanant, suivant l'article 264, consécutivement aux dommages causés à l'œil
gauche de la victime.

A la
barre, ce mercredi, l'inculpé a déclaré que la victime l'avait attaqué avec une
arme blanche, lui causant des blessures, et qu'il s'est défendu avec une trique
: «Mais je l'ai frappé au dos et je ne l'ai jamais atteint à l'œil»,
jurera-t-il en regrettant de ne pas s'être fait établir un certificat médical
pour étayer ses dires.

Dans
sa plaidoirie, l'avocat de la partie civile s'appuiera sur les aveux de
l'accusé et l'expertise judiciaire concluant à la perte de vision de l'œil
gauche (1/20) et l'impossibilité d'en récupérer les facultés pour demander que
l'accusé soit reconnu coupable.

Le
ministère public recourra aux mêmes arguments pour établir le rapport de cause
à effet entre les coups donnés par l'accusé et l'handicap
provoqué à la victime et requérir la peine de 10 ans de réclusion.

Ce
que la défense dénoncera en mettant, d'abord, en doute les conclusions de
l'expertise médicale, la médecine, dira-t-elle, n'étant pas une science exacte,
avant de tenter de plaider «l'excuse légale», selon l'article 52 du code pénal,
en l'occurrence celle de la provocation qui a mené l'accusé à frapper la
victime : «Il s'agit là d'une dispute. Notre client n'a fait que répondre à une
provocation. Il ne s'est pas attaqué gratuitement à elle mais à réagi face à une agression», a-t-elle affirmé en
soutenant qu'aucune preuve matérielle n'a été apportée par l'accusation sur
l'existence d'une relation avérée entre cette bagarre et le handicap subi par
la partie civile.

Après
délibérations, l'inculpé sera néanmoins condamné à quatre ans de prison et à
verser à la victime une amende pour le préjudice physique et moral subi.

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