Le Quotidien d'Oran
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Dimanche 13 août 06:35

En attendant des ouvrages qui tardent à venir: La liaison autoroutière RN2-Corniche supérieure pas pour demain

En attendant des ouvrages qui tardent à venir: La liaison autoroutière RN2-Corniche supérieure pas pour demain
Quand
l'accompagnement administratif n'est pas à la hauteur du projet, celui-ci a du
mal à avancer. Le chantier de l'évitement de Mers El-Kébir,
liaison dont on dit exagérément qu'elle va régler définitivement

le problème de la
Corniche, en est un parfait exemple.

On a souvent
tendance à pointer un doigt accusateur vers l'entreprise de réalisation dès
qu'il y a retard. Parfois, le bureau de contrôle et de suivi (BCS) est tenu
pour coresponsable.

L'administration
dans son sens le plus large, c'est-à-dire pouvoirs publics, exécutif et maître
d'ouvrage inclus, est supposée infaillible, hors de cause. Le projet de la
liaison autoroutière entre la RN2 et la Corniche supérieure, via l'échangeur à
hauteur de la base navale de Mers El-Kébir, dément ce
«postulat», qui n'en est pas un d'ailleurs.

Pour s'en
convaincre, il suffit de prendre la situation telle qu'elle est : on a depuis
plusieurs mois une route à double voie achevée de bout en bout, giratoire
compris, plus un échangeur fin prêt, qui attendent des ouvrages d'art
intermédiaires non lancés et quelques bricoles ça et
là. Autrement dit, les entreprises de réalisation ont déjà rempli leur part du
contrat en livrant les ouvrages dont ils ont été chargés, enregistrant certes
un retard par rapport à l'échéancier contractuel mais pour des raisons
indépendantes de leur volonté, tandis que les pouvoirs publics, DTP comprise
s'entend, n'ont pas pu lancer ou réceptionner à temps les lots restants. A
savoir, deux petits ouvrages d'art et une simple jonction en route d'à peine
1,5 km, entre l'échanger et l'autoroute, notamment. On aura beau expliquer ce
déphasage et cette progression par à-coup du projet par des contraintes
financières, en arborant le mobile -tout fait- d'insuffisance de l'autorisation
de programme (AP) allouée initialement, les vraies raisons sont à rechercher
dans le mauvais pilotage de ce projet sectoriel décentralisé et dans le manque
de la prise en charge administrative et de l'accompagnement institutionnel,
côté wilaya.

Le poids des
pesanteurs administratives

Les
pesanteurs administratives qui ont mis à mal ce projet et ont décéléré, voire
freiné son évolution, ont connu leur apogée au temps d'un ex-secrétaire général
de la wilaya, où, la mise en instance, le rejet et la fin de non-recevoir sont
devenues la règle et non l'exception dans le traitement des dossiers inhérents
aux projets, allant de la simple demande d'autorisation d'usage d'explosifs sur
un tronçon de massif rocheux ou du simple visa pour une demande d'avenant
jusqu'aux procédures plus ou moins complexes mais à caractère prioritaire et
urgent, à coup sûr. A telle enseigne qu'une simple démarche d'expropriation
d'une petite bande relevant d'une terre agricole (à hauteur de l'intersection
de la nouvelle liaison autoroutière avec le carrefour giratoire CW44-C45), qui
aurait pu être rondement menée à bout, a connu de longues péripéties à cause
d'une mauvaise diligence locale.

Le
12 mars 2017, entre deux points d'un circuit de visites à travers différents
chantiers routiers et en réponse à une question d'un journaliste sur le projet
de l'évitement de Mers El-Kébir, l'ex-wali d'Oran, Abdelghani Zaalane, promu
ministre des TP et des Transports, trois mois plus tard, déclarait qu'«on
croyait qu'on était plus proche de l'ouverture de la nouvelle liaison autoroutière
RN2-Corniche supérieure après l'achèvement de l'échangeur de Mers El-Kébir, mais on a été pris au dépourvu par un éboulement
accidentel. Cela a nécessité un avenant financier qu'on a fini par obtenir.
Les travaux de confortement seront lancés incessamment». Se voulant plus
rassurante, la directrice de wilaya des Travaux publics a profité alors de
cette parenthèse pour préciser qu'«avec le réajustement dont a fait l'objet
récemment ce projet, dont l'enveloppe allouée s'élève désormais à 700 milliards
de centimes, les choses sont rentrées dans l'ordre».

Ouvrages de génie
civil et mur de soutènement en appoint

Sur place, au
lieu de l'éboulement situé près d'une pépinière, au bassin versant de Haï
Ouarsenis (sur les hauteurs de Mers El-Kébir), une entreprise
chargée de réaliser des dalots, c'est-à-dire un petit canal recouvert d'une
dalle, ouvrage hydraulique semi-enterré sous forme de petit aqueduc en
maçonnerie placé sous les remblais de la route, est bel et bien installée et
est déjà à l'œuvre.

Ce n'est en
revanche pas le cas pour les lots du passage inférieur et le mur de
soutènement, qui n'ont pas encore commencé.           Ceci alors que le plus gros -et le plus dur et
complexe en même temps- du projet a été fait, puisque l'entreprise «Sarl Injaz El-Djazaïr» a achevé les
terrassements à 100%, c'est-à-dire tout au long du tracé en «deux fois deux
voies» sur 5 km, a bitumé les 3/4 du tracé, aménagé un giratoire à hauteur du
lieudit Aïn Khedidja et
n'attend que la réalisation des ouvrages et dispositifs annexes pour mener à
bout son travail.

L'affaire n'était
pas du tout mince : il était question d'un volume de plus de 2 millions de m3 à
extraire, dont 60% de nature rocheuse, en combinant engins et explosifs, dans
une première phase. Une fois menée à bout, cette route «en deux fois deux
voies» sera connectée à la RN2 au moyen d'un échangeur en cours de réalisation
à Mers El-Kébir, précisément à proximité de la base
navale (route nationale n°02), à hauteur de Haï Hansali
(ex-Longchamp).

Cet échangeur
aura à faire transiter le flux dans le sens Oran/Aïn
El-Turck en contournant la ville de Mers El-Kébir, vers la section autoroutière -en voie d'achèvement
par «Eurl Injaz El-Jazair»- via un évitement montagneux qui serpentera dans le
bassin versant de Mers El-Kébir et débouchera
directement sur Aïn Khedidja
(intersection entre les CW44 et CW45 -Corniche supérieure-) tout en contournant
le tissu urbain. Il est donc prévu une connexion entre la route nationale n°2
(RN2), communément appelée route des Tunnels ou la Corniche tout court, et la
nouvelle Corniche via un point de jonction situé à hauteur de l'ancienne
chapelle de cité Longchamp.

C'est-à-dire que
l'automobiliste venant d'Oran aura plusieurs itinéraires pour se rendre à Aïn El-Turck et ses environs (Bousfer, El-Ançor, les
Andalouses, etc.). Il pourra soit emprunter la future route de la Corniche qui
culmine en haut du mont Murdjadjo, soit prendre la
RN2 qui serpente dans les falaises avec vue sur mer tout au long du trajet, ou
bien encore prendre la route des Tunnels depuis la Pêcherie et, une fois à
l'entrée de Mers El-Kébir, à hauteur de la cité
Longchamp, bifurquer via une bretelle qui sera réalisée là pour contourner la
ville et éviter l'encombrement de la circulation pour rallier la Corniche
supérieure.

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