Le Quotidien d'Oran
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Samedi 19 août 06:56

Gouvernement: Yousfi et Benmeradi rappelés, Ouyahia va à l'essentiel

Gouvernement: Yousfi et Benmeradi rappelés, Ouyahia va à l'essentiel




Moins
de vingt-quatre heures après avoir annoncé le limogeage de Tebboune
et la (re) nomination, au
poste de Premier ministre, d'Ahmed Ouyahia,
auparavant directeur de Cabinet du Président Bouteflika, la présidence de la
République a rendu public, jeudi, la liste du nouveau gouvernement, marqué par
le départ des ministres de l'Industrie, du Commerce et de l'Habitat. Ils sont
remplacés par Youcef Yousfi (Industrie et mines) ,
Mohamed Benmeradi (Commerce) et Abdelwahid
Temmar (wali de Mostaganem). Sans grande surprise,
les ministres qui ont été le plus impliqués dans le « charivari » de l'été
2017, avec un blocage des marchandises dans les ports et le gel des
domiciliations bancaires, dans le relifting de la
politique industrielle, en matière de construction de voitures, sont passés à
la trappe.

Le
ministère de l'Habitat, un poste confié à un proche de Tebboune,
hostile aux opérateurs français du BTP, a été également concerné par le
changement de titulaire. Le nouveau Premier ministre n'a, donc, fait qu'un
léger lifting dans son équipe gouvernementale, n'opérant que le changement dans
trois ministères, ceux qui ont le plus fait parler
d'eux sous l'éphémère mandat de Abdelmadjid Tebboune.
Ahmed Ouyahia, qui montre ainsi qu'il est porteur
d'une mission spéciale dans ces secteurs, a donc rappelé des « anciens »,
Youcef Yousfi, l'ex-ministre de l'Energie, ancien diplomate et chef de la
mission algérienne à New York, a donc repris du service pour s'occuper du
ministère de l'Industrie et des Mines. Messaoud Bedda,
militant FLN, aurait scellé son sort en s'attaquant directement, dés son arrivée, à « l'importation déguisée » de voitures
sous forme de montage en CKD. Bedda avait
pratiquement mis à nu la politique industrielle, en matière de montage de
voitures, en Algérie, et se préparait à élaborer un autre cahier de charges
pour les « constructeurs » de voitures. L'arrivée de Youcef Yousfi, un moment
conseiller du président, devrait remettre à plat tout le secteur industriel,
avec une priorité: relancer les filières les plus
productives, et en particulier une attention au secteur minier. L'autre mission
de Yousfi sera de revoir l'état des lieux de certaines entreprises publiques,
qui traînent de lourds déficits financiers. Car le Premier ministre n'a jamais
caché sa préférence pour le démantèlement, voire la privatisation d'entreprises
publiques « boiteuses ». Il aura plus de lest dans sa politique industrielle,
et cela rapportera de l'argent au Trésor, à un moment de rétrécissement des
recettes pétrolières. Il est clair que Youcef Yousfi devrait, également, remettre
de l'ordre dans les importations de voitures, avec probablement un autre tour
de vis. Le nouveau ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi,
qui avait dirigé le ministère de l'Industrie et mené les négociations avec
l'ex-Premier ministre Français Jean Pierre Raffarin, pour un partenariat
d'exception entre Alger et Paris, notamment dans le secteur industriel, devra,
quant à lui, redresser un secteur déboussolé par les directives et
contre-directives de la Primature en matière de commerce international. En
particulier sur le volet des importations, avec des restrictions qui ont fini
par bloquer non seulement les marchandises dans les ports, mais surtout toute
l'Economie nationale. La mission de Benmeradi, qui
était en stand by, à la présidence comme conseiller,
est claire: mettre de l'ordre dans un secteur en
pleine débandade. Pour le reste des membres du gouvernement, y compris les
ministres des Finances, du Tourisme ou de l'Agriculture, arrivés dans les
bagages de Tebboune, aucun changement. Le Premier ministre
semble satisfait de leur travail, et il compte donc, avec une équipe
gouvernementale, formée pour l'essentiel du temps d'Abdelmalek Sellal, entamer, très vite, ses grands chantiers au devant desquels il y a la recherche des grands
équilibres macro-économiques. Ahmed Ouyahia semble
pressé, et ne voudrait pas perdre de temps, en formant un nouveau gouvernement.
L'agenda étant serré, avec des priorités sociales et économiques
incompressibles.

Mais
pour l'heure, les délais sont trop serrés, avec la préparation, en urgence, de
la rentrée sociale, et surtout, la prochaine réunion de la tripartite, prévue à
Ghardaïa, mi-septembre. Le gouvernement devra, également, s'atteler très vite à
l'élaboration de la loi de Finances 2018 qui devrait être encore plus austère
que celle de 2017.

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