Le Quotidien d'Oran
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Dimanche 13 août 06:35

Il remet en cause la démarche de Tebboune: Le parti de Benflis ne croit pas à une guerre contre la corruption

Il remet en cause la démarche de Tebboune: Le parti de Benflis ne croit pas à une guerre contre la corruption
Dans
un communiqué final sanctionnant sa réunion mensuelle ordinaire tenue hier au
siège du parti, Talaie El Hourriyet
a de nouveau tiré la sonnette d'alarme et exprimé sa profonde préoccupation à
propos de ce qui se passe au sommet de l'Etat, une confusion exacerbée par la
lutte des clans «au sein et à la périphérie du pouvoir» avec pour toile de
fond, la présidentielle de 2019.

Pour
la formation politique de Benflis, cette situation
pénalisante trahit «l'aggravation de la crise de régime» et la «profondeur de
l'impasse politique», produits de la «vacance qui perdure au sommet de l'Etat».
Pour le parti, il y a indéniablement menace sur la stabilité du pays et la
sécurité nationale.

Revenant
sur le nouveau gouvernement, le communiqué estime qu'il ne peut s'agir que
d'«un ravalement de façade» donnant l'illusion de changement. Décortiquant le
plan de bataille mis en place par le Premier ministre, le bureau politique de Talaie El Hourriyet s'interroge
sur le crédit accordé à la «campagne contre la corruption», rappelant l'absence
de volonté politique du pouvoir de lutter contre ce fléau. Il va plus loin en
précisant que les personnalités impliquées «dans les rares affaires de
dilapidation de deniers publics qui ont été jugées» ont été préservées ou
promues à des postes supérieurs de l'Etat. Le parti se demande comment faire
croire à l'opinion publique que ce même Etat est dans une logique de lutte
contre la corruption. Le bureau politique affirme ne nourrir aucune illusion
sur la sincérité du pouvoir de «combattre sa raison d'être» de s'attendre «à ce
que ceux qui ont siphonné les fonds publics et ceux qui les ont aidés et
accompagnés pour le faire soient sanctionnés». Ce serait faire le procès de
tout le système en place, explique le communiqué.

Quant
à la mise en cause de certains milieux d'affaires et de personnalités
politiques, le parti est certain qu'elle n'est pas liée à une quelconque lutte
contre la corruption mais à un rappel à l'ordre, affirmant que les milieux
d'affaires inféodés au régime n'auraient jamais été inquiétés «s'ils n'avaient
pas été suspectés de vouloir peser sur les choix liés au rendez-vous électoral
de 2019». Cette parenthèse qui aurait pu passer pour une volonté du
gouvernement de mener la guerre contre la corruption et les privilèges des
cercles d'intérêt n'est en fait, à croire le communiqué, qu'un avertissement
pour ceux qui veulent franchir cette «ligne rouge» qu'ils soient personnalités
politiques ou détenteurs des produits de la rente.

Quant
à la volonté du pouvoir de séparer l'argent et la politique, Talaie el Hourriyet exprime «de
sérieux doutes» expliquant que l'origine de ces fortunes douteuses est ce même
pouvoir en place qui a permis aux forces de l'argent «d'investir les
institutions de l'Etat». Une incursion dénoncée par l'opposition, note le
parti, qui dénonce en outre le laxisme et la complicité des gouvernants «qui
ont permis aux milieux d'affaires mis en cause aujourd'hui de s'emparer des
marchés, d'accéder aux crédits et au foncier agricole et industriel souvent
dans des conditions marquées de suspicion». Il dénonce également cette caution
politique offerte à ces forces d'influence alors que la vacance du pouvoir
conjuguée à la neutralisation des contrepouvoirs ont grandement «facilité la
mise en place d'un système opaque basé sur une collusion d'intérêts entre des
gouvernants et des milieux d'affaires».

Abordant
la situation économique, le bureau politique constate que le gouvernement ne
dispose toujours pas de stratégie claire pour faire face à la crise et qu'il
continue de se référer au programme «virtuel» du président de la Répubtlllique, au Nouveau modèle de croissance et au Pacte
de croissance économique et social «resté lettre morte pendant longtemps et qui
vient d'être ressuscité à la faveur d'une querelle de famille.

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