Le Quotidien d'Oran
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Dimanche 13 août 06:35

Tébessa: Les habitants veulent mieux

Tébessa: Les habitants veulent mieux




Cinq heures, Tébessa se
réveille de sa torpeur, dans la moiteur matinale, d'un mois d'août caniculaire.


Quelque temps plus tard,
certains commerces lèvent leurs rideaux et de jeunes revendeurs installent
leurs étals de fortune. Les premiers arrivés des localités avoisinantes
descendent des bus; ils viennent de Bekkaria, Hammamet, Boulhaf Dyr ou encore d'El Kouif et Morsott. Ils sont là, qui pour faire des achats, qui pour
rendre visite à des proches, d'autres ont une affaire à régler auprès d'une
administration publique. Chef-lieu d'une wilaya aux dimensions géographiques
assez vastes, s'étalant du Nord au Sud, sur une façade de frontières terrestres
de plus de 290 km, Tébessa ville compte à elle seule le tiers du nombre total
des habitants de la wilaya, soit à peu près 230.000 âmes. Depuis au moins une
décennie, la cité s'est développée, sur plusieurs kilomètres, avec de nouveaux
tissus urbains, parfois d'une manière anarchique d'où les problèmes qui
surgissent aujourd'hui relatifs à la disponibilité du foncier, notamment dans
la commune mère de Tébessa. Une ville aux contours d'un perpétuel chantier où
les projets se côtoient les uns les autres, aussi bien dans le secteur du
bâtiment, les travaux publics, réfection des chaussées et ouverture de
nouvelles voies urbaines sur les grandes artères, ainsi que des travaux
d'aménagement urbain qui n'en finissent pas, au grand dam des citoyens, trop
impatients de retrouver vite le lustre de Tébessa, un sentiment vivace chez des
nostalgiques d'une belle époque, d'une ville moyenne, mais propre.

La rénovation des conduites de
l'AEP, les raccordements au gaz naturel sont autant d'autres chantiers ouverts
ces temps-ci, souvent dans la confusion, des travaux entrepris simultanément
par de nombreuses entreprises. Concernant la question lancinante d'une
insalubrité publique évidente aux yeux de tous, caractérisant plus d'un endroit
de la cité et ce, en dépit des efforts consentis par l'entreprise en charge du
dossier, en matière de collecte des ordures ménagères et d'entretien de la
voirie. Comment expliquer la prolifération de dépotoirs sauvages improvisés à
chaque coin de rue, voire aux côtés d'établissements éducatifs et hospitaliers.


N'est-il pas grand temps de
passer à la vitesse supérieure et mettre fin aux agissements irresponsables de
certains commerces, entre autres, qui, en toute impunité, continuent de narguer
tout le monde, y compris les autorités de la ville que leur mission d'élus leur
donne le pouvoir d'agir sévèrement contre les auteurs de ces actes d'incivisme
? Quant à la circulation piétonne et automobile, c'est le désordre entier,
faute d'un nouveau plan urbain de circulation prenant en compte le
développement rapide de l'agglomération de Tébessa, du point de vue population
et nombre de véhicules.

Avec le temps et vu sa
situation géographique de carrefour, Tébessa est devenue un passage obligé pour
beaucoup de gens se dirigeant vers la Tunisie ou à destination du Sud. C'est le
cas, par exemple, de poids lourds acheminant des matériaux de construction vers
d'autres régions du pays dont la wilaya de Tébessa en recèle
d'importantes quantités, ciment, sable, brique… Tébessa, c'est aussi l'histoire
et le passé civilisationnel, en témoigne cet ensemble
de joyaux architecturaux, de l'époque antique et bien avant, de monuments et
sites archéologiques de renommée mondiale qui, pour quelques-uns, sont de nos
jours exposés aux vicissitudes du temps et surtout aux actions de dégradation,
en particulier ceux situés en zone urbaine. C'est le cas de la forteresse
byzantine dite de Salomon datant du IVe siècle, sa porte nord n'est autre que
l'Arc de Caracalla, autre monument archéologique unique en son genre, sujet à
toutes sortes d'agressions au quotidien, sans la moindre protection. Tébessa Khalia, à 3 km du centre-ville, au pied du mont Dokane, le reste d'une grande cité antique,
malheureusement, une fois encore, ce site est lui aussi l'objet d'un véritable
grignotage des constructions illicites érigées aux alentours.

Le Temple de Minerve, déesse
de la sagesse et des arts chez les Romains (IIIe siècle) et la Basilique Ste Crispine, se trouvant à l'extérieur de l'enceinte de la
vieille ville, consacrée à une sainte locale et l'un des grands lieux religieux
d'Afrique de son temps. De la période musulmane, citons la mosquée Sidi Bensaïd où se trouve également le tombeau de ce saint, ce
lieu de culte remonte à 1842. Plus loin dans la préhistoire, c'était la
civilisation atérienne dont les œuvres existent encore dans la région de Bir El Ater et Elma Labiod. Tout ce patrimoine
d'une valeur historique et culturelle demeure inexploité, un bien culturel
universel qui doit être protégé et revalorisé et ce, dans le cadre de projets
promotionnels dits de tourisme culturel, alors ce jour-là, Tébessa se
débarrassera de cette image noire d'une contrée envenimée et gangrenée par les
effets néfastes de la contrebande. Toutes les potentialités humaines et
naturelles existent, il suffit de les mettre en valeur, car Tébessa n'est pas
heureusement que le trafic du carburant ou de denrées alimentaires. De nos
jours, toute une région aspire à mieux.

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